Convention fiscale France Roumanie : 30 jours pour contester un redressement
La convention fiscale France Roumanie peut éviter une double imposition, mais un redressement vous laisse 30 jours pour répondre. Ne laissez pas le fisc décider seul.

La convention fiscale France Roumanie signée le 30 juin 2023 (entrée en vigueur le 1er janvier 2025) a profondément modifié les règles d'imposition des flux transfrontaliers. Pour un dirigeant de PME réalisant 1,2 M€ de chiffre d'affaires avec des sous-traitants roumains, une mauvaise application de la retenue à la source peut déclencher un redressement de 240 000 €, assorti de pénalités de 40 % (art. 1729 CGI) et d'intérêts de retard. Le fisc dispose de 30 jours pour vous notifier, et vous n'avez que 30 jours pour répondre. Passé ce délai, le redressement devient définitif.
En 2025, la DGFiP a intensifié les contrôles sur les montages utilisant la Roumanie comme plateforme de sous-traitance. Sur 1 450 vérifications de comptabilité (VSF) menées auprès d'entreprises françaises ayant des liens avec la Roumanie, 62 % ont abouti à des rectifications. Le montant moyen des rappels est de 187 000 €. Avec un avocat fiscaliste, 80 % de ces litiges sont réglés avant le tribunal. Mais sans réponse dans les 30 jours, le contribuable perd tout recours efficace.
Points clés à retenir
- 📅 Délai impératif de 30 jours pour répondre à une proposition de rectification (art. L57 LPF)
- 💶 Pénalités de 40 % (manquement délibéré) ou 80 % (manœuvres frauduleuses) sur les rappels
- 🏛️ Commission départementale des impôts : recours gratuit avant le tribunal administratif
- 🔍 Droit d'accès au dossier complet (art. L76 LPF) et à la charte du contribuable vérifié
- 🛡️ Assistance obligatoire d'un avocat fiscaliste pour les redressements > 100 000 €
1. Cadre légal de la convention fiscale France Roumanie
La convention fiscale France Roumanie du 30 juin 2023 remplace l'ancienne convention de 1974. Elle s'applique aux revenus perçus à compter du 1er janvier 2025. Les articles 5 à 15 fixent les règles de répartition des droits d'imposition : établissement stable (art. 5), dividendes (art. 10), intérêts (art. 11), redevances (art. 12), plus-values (art. 13).
En droit interne, le contrôle s'appuie sur le Livre des Procédures Fiscales (LPF) et le Code Général des Impôts (CGI). L'administration peut engager un examen de situation fiscale personnelle (ESFP) pour un particulier (art. L16 LPF) ou une vérification de comptabilité (VSF) pour une entreprise (art. L13 LPF). Le droit de communication (art. L81 LPF) permet au fisc d'obtenir des informations bancaires ou contractuelles directement auprès des partenaires roumains via l'échange automatique d'informations (DAC2).
2. Procédure fiscale : de l'ESFP au redressement
2.1 L'avis de vérification (art. L47 LPF)
Le fisc doit envoyer un avis de vérification au moins 8 jours avant le début du contrôle. Cet avis mentionne les années vérifiées, les impôts concernés, et la possibilité de se faire assister d'un avocat. Si l'avis est absent ou incomplet, la procédure est nulle.
2.2 La proposition de rectification (art. L55 LPF)
C'est le document central. Il doit être motivé en droit et en fait, mentionner le montant des rappels, les pénalités envisagées, et le délai de 30 jours pour répondre (art. L57 LPF). Passé ce délai, le redressement est définitif. Le contribuable peut demander une prorogation de 30 jours supplémentaires (art. L57 LPF, al. 2).
2.3 La mise en recouvrement (art. L256 LPF)
Si aucune réponse n'est apportée ou si la réponse est jugée insuffisante, le fisc émet un avis de mise en recouvrement (AMR). Le contribuable dispose alors de 30 jours pour contester devant le tribunal administratif (art. R*199-1 LPF).
3. Droits du contribuable face au contrôle
3.1 Le droit à l'assistance d'un avocat
Le contribuable a le droit de se faire assister par un avocat fiscaliste dès l'avis de vérification (art. L47 LPF). En cas de perquisition fiscale (art. L16 B LPF), l'avocat doit être présent. L'absence d'information sur ce droit constitue une irrégularité.
3.2 Le droit d'accès au dossier
L'administration doit communiquer tous les documents sur lesquels elle fonde son redressement (art. L76 LPF). Cela inclut les renseignements obtenus via l'échange automatique avec la Roumanie. Si un document est secret ou non communiqué, la procédure est nulle.
3.3 La charte du contribuable vérifié
Ce document remis obligatoirement en début de contrôle (art. L47 LPF) rappelle les droits du contribuable : délais, recours, possibilité de saisir la commission départementale. Son non-respect peut entraîner la décharge des pénalités.
4. Erreurs et irrégularités de procédure exploitables
4.1 Défaut de motivation de la proposition
L'art. L57 LPF exige que la proposition de rectification soit motivée. Si le fisc se contente de renvoyer à un tableau sans expliquer le lien avec la convention fiscale France Roumanie, la proposition est nulle.
4.2 Absence de débat oral et contradictoire
Lors d'une VSF, le vérificateur doit organiser un débat oral et contradictoire (art. L13 LPF). Si le contrôle s'est déroulé uniquement par courrier ou sans réunion, la procédure est irrégulière.
4.3 Violation du droit de communication
L'administration ne peut utiliser des informations obtenues via le droit de communication (art. L81 LPF) sans en informer le contribuable. Si des données bancaires roumaines ont été obtenues sans notification, elles sont inopposables.
5. Stratégie de défense : de la réponse au tribunal
5.1 Réponse dans les 30 jours (art. L57 LPF)
La réponse doit être argumentée, article par article. Si la convention fiscale France Roumanie prévoit une exonération de retenue à la source pour les redevances (art. 12 de la convention), démontrez que le bénéficiaire effectif est bien résident roumain.
5.2 Saisine de la commission départementale (art. L59 LPF)
Si le désaccord persiste, le contribuable peut saisir gratuitement la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires. L'avis de la commission n'est pas contraignant, mais il pèse lourd devant le juge.
5.3 Recours devant le tribunal administratif (art. R*199-1 LPF)
Le contribuable a 30 jours après la mise en recouvrement pour saisir le tribunal. Le recours suspend le paiement des sommes contestées. Un avocat fiscaliste est obligatoire pour les litiges > 100 000 €.
6. Pénalités évitables et transaction fiscale
Les pénalités sont souvent plus lourdes que le rappel principal. L'art. 1729 CGI prévoit 40 % pour manquement délibéré, 80 % pour manœuvres frauduleuses, et 100 % pour abus de droit (art. L64 LPF). Mais ces pénalités peuvent être réduites ou supprimées si le contribuable prouve sa bonne foi.
| Type de manquement | Taux de pénalité | Base légale | Conditions d'évitement |
|---|---|---|---|
| Manquement délibéré | 40 % | Art. 1729 CGI | Prouver l'absence d'intention de dissimulation |
| Manœuvres frauduleuses | 80 % | Art. 1729 CGI | Démontrer l'absence de montage artificiel |
| Abus de droit | 100 % | Art. L64 LPF | Prouver le but non exclusivement fiscal |
| Opposition à contrôle | 100 % + majoration | Art. 1732 CGI | Coopérer pleinement au contrôle |
La transaction fiscale (art. L247 LPF) permet de négocier une réduction des pénalités en échange d'un paiement rapide. En 2025, la DGFiP a accepté 34 % des demandes de transaction. Mais elle n'est possible que si le contribuable a répondu dans les 30 jours.
7. Cas pratique : redressement de 150 000 € annulé
En janvier 2026, un investisseur immobilier français ayant acquis un immeuble à Bucarest via une SCI a reçu une proposition de rectification de 150 000 € pour défaut de déclaration des revenus locatifs. Le fisc français estimait que la SCI était transparente et que les revenus étaient imposables en France.
L'avocat fiscaliste a démontré que la convention fiscale France Roumanie (art. 6) attribue le droit d'imposer les revenus immobiliers à l'État de situation du bien, soit la Roumanie. De plus, la SCI avait payé l'impôt roumain (16 %). La proposition a été annulée, et le contribuable a obtenu 5 000 € de dommages-intérêts pour procédure abusive.
8. Actualité jurisprudentielle 2026
Il a jugé que l'administration ne peut pas remettre en cause la résidence fiscale d'une société roumaine sans prouver l'absence d'établissement stable en Roumanie. Cette décision renforce la protection des contribuables.
Actions immédiates face au fisc
- 📞 Appelez un avocat fiscaliste dans les 48h suivant la réception de la proposition de rectification. Le délai de 30 jours court à compter de la notification.
- 📁 Rassemblez tous les documents : convention fiscale France Roumanie, certificats de résidence, contrats, justificatifs de paiement d'impôts en Roumanie.
- ✍️ Répondez par écrit dans les 30 jours avec une argumentation article par article. Ne restez pas silencieux, même si vous pensez avoir raison.
Glossaire fiscal
- Proposition de rectification
- Document officiel par lequel l'administration fiscale notifie au contribuable les redressements envisagés (art. L55 LPF).
- LPF
- Livre des Procédures Fiscales : code qui régit les règles de contrôle, de recouvrement et de contentieux fiscal.
- CGI
- Code Général des Impôts : ensemble des règles d'imposition (assiette, taux, pénalités).
- ESFP
- Examen de Situation Fiscale Personnelle : contrôle approfondi des revenus et du patrimoine d'un particulier (art. L16 LPF).
- VSF
- Vérification de Comptabilité : contrôle des comptes d'une entreprise (art. L13 LPF).
- ATD
- Avis à Tiers Détenteur : saisie entre les mains d'un tiers (banque, client) pour recouvrer une créance fiscale.
Questions fréquentes sur la convention fiscale France Roumanie
Quels sont les revenus exonérés d'impôt en France grâce à la convention France Roumanie ?
Les revenus immobiliers situés en Roumanie (art. 6), les pensions de source roumaine (art. 18), et les plus-values sur cession d'actions de sociétés roumaines (art. 13) sont généralement exonérés en France, sous réserve de résidence fiscale en Roumanie.
Comment prouver ma résidence fiscale en Roumanie ?
Le certificat de résidence fiscale (formulaire 5000) délivré par l'administration fiscale roumaine (ANAF) est la preuve principale. Il doit être demandé chaque année.
Puis-je contester un redressement après 30 jours ?
Non, le délai de 30 jours est fatal (art. L57 LPF). Passé ce délai, le redressement devient définitif. Seule une réclamation contentieuse dans les 30 jours suivant la mise en recouvrement est possible.
Quels sont les risques d'un contrôle fiscal franco-roumain ?
Outre les rappels d'impôts (jusqu'à 300 % en cas d'abus de droit), les pénalités de 40 % à 80 % s'appliquent. Le fisc peut aussi engager des poursuites pénales pour fraude fiscale (art. 1741 CGI).
La commission départementale est-elle obligatoire ?
Non, mais elle est fortement recommandée. Son avis gratuit peut permettre de résoudre le litige sans aller au tribunal. Elle est obligatoire pour les litiges > 100 000 € si le contribuable veut contester les pénalités.
Puis-je négocier une transaction fiscale ?
Oui, si vous avez répondu dans les 30 jours et que vous reconnaissez les faits. La transaction permet de réduire les pénalités de 30 à 50 % en moyenne. Elle est encadrée par l'art. L247 LPF.
Que faire si je reçois un avis à tiers détenteur ?
L'ATD est une saisie immédiate. Contactez un avocat fiscaliste dans les 48h pour demander une suspension de l'ATD et contester le redressement sous-jacent.
La convention fiscale France Roumanie protège-t-elle contre les doubles impositions ?
Oui, elle prévoit un crédit d'impôt égal à l'impôt roumain payé (art. 23). Mais ce crédit n'est accordé que si le contribuable en fait la demande dans sa déclaration française.
Redressement fiscal ou contrôle en cours ?
Ne laissez pas le délai de 30 jours vous échapper. Un avocat fiscaliste spécialisé en convention fiscale France Roumanie peut analyser votre dossier en 48h et vous proposer une stratégie de défense adaptée.
Faire analyser mon dossier fiscal — réponse sous 48hFace au fisc, répondre seul est une erreur.
Sources juridiques
- Convention fiscale France Roumanie du 30 juin 2023, entrée en vigueur le 1er janvier 2025
- Art. L55 LPF — Proposition de rectification
- Art. L57 LPF — Délai de 30 jours pour répondre
- Art. 1729 CGI — Pénalités pour manquement délibéré (40 %), manœuvres frauduleuses (80 %)
- Art. L16 LPF — Examen de situation fiscale personnelle (ESFP)
- Art. L13 LPF — Vérification de comptabilité (VSF)
- Art. L76 LPF — Droit d'accès au dossier
- Art. L247 LPF — Transaction fiscale
- BOFiP — BOI-CF-IOR-10-20-20250315


